Il y a quelques semaines, alors qu’elle préparait le dîner pour ses enfants, cette mère a fait une découverte en nettoyant la viande

Publié le 27 février 2025

Imaginez préparer un repas pour votre famille, comme d’habitude, lorsqu’en rinçant une poitrine de poulet, vous remarquez quelque chose d’inhabituel. Au lieu d’une texture ferme, la viande se délite en longs filaments, évoquant plus des spaghettis que du poulet. C’est exactement ce qu’a vécu une mère de famille récemment, avant de partager son étonnement sur les réseaux sociaux. Très vite, son histoire a suscité des réactions vives : entre surprise et méfiance, nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur l’origine de ce phénomène étonnant.

Le phénomène des anomalies dans les filets de poulet, appelé « spaghettisme », est une préoccupation mondiale. Massimiliano Petracci, expert en sciences et technologies agroalimentaires à l’université de Bologne, explique que la majorité de la viande de volaille provient de génotypes développés par une poignée d’entreprises, d’où la présence de ces anomalies en Amérique, en Asie et en Europe. En France, où la consommation de volaille a presque doublé ces dernières quarante années, l’escalope est le produit phare, stimulant la production de poulets à haut rendement en filets. Une étude de l’Inra présentée en 2019 révèle un lien entre les pratiques d’élevage intensives et l’émergence de défauts dans les filets de poulet. Ces défauts incluent le « white striping », des stries blanches sur la viande, le « wooden breast », une texture dure, l' »Oregon disease », caractérisée par des aiguillettes vertes, et les filets « spaghettis » où les fibres musculaires se désagrègent.

En France, la fréquence de ces défauts a été mesurée, dans une enquête de 2017 portant sur 123 lots. Elle a révélé que « 66% des filets présentaient le défaut de ‘white striping’ (dont 15% à un degré sévère), 53% présentaient le défaut de ‘wooden breast’ (dont 22% à un degré sévère) et 11% des filets étaient atteints du défaut ‘spaghetti' », relèvent les chercheuses de l’Inra. L’incidence du problème des « aiguillettes vertes » n’était que de 0,33%.

Viande spaghetti : un effet secondaire de l’élevage intensif

Autrefois, un poulet mettait plus de trois mois à atteindre un poids d’abattage d’un peu plus d’un kilo. Aujourd’hui, il atteint jusqu’à trois kilos en seulement 47 jours. Comment ? Grâce à des sélections génétiques ciblées et à une alimentation riche en calories, destinée à maximiser la production de viande en un temps record. Mais cette croissance fulgurante a des conséquences inattendues : les muscles des volailles, n’ayant pas le temps de se développer correctement, deviennent anormalement faibles, ce qui modifie la structure des fibres musculaires et donne cet aspect effiloché, semblable à des spaghettis.

Quel impact sur notre santé et notre alimentation ?

Si la « viande spaghetti » ne présente aucun risque sanitaire avéré, elle soulève des questions sur la qualité nutritionnelle des produits que nous consommons. Une viande issue d’un élevage intensif peut contenir plus d’eau et moins de protéines qu’un poulet élevé dans de meilleures conditions. Sans parler du bien-être animal, souvent relégué au second plan dans ces pratiques industrielles.

Pour les consommateurs, cet incident est un rappel qu’il est essentiel de se poser des questions sur l’origine des aliments. La quête de prix bas a un coût caché : celui de la qualité et de l’impact environnemental.

Des alternatives pour une alimentation plus responsable

Face à ces révélations, de plus en plus de personnes se tournent vers des alternatives plus éthiques. Privilégier des volailles élevées en plein air, avec des certifications comme le Label Rouge ou l’AB (Agriculture Biologique), garantit non seulement une meilleure qualité de viande, mais aussi un plus grand respect des conditions d’élevage.

D’autres choisissent d’acheter leur volaille directement auprès de producteurs locaux, favorisant ainsi une agriculture plus durable et soutenant l’économie de proximité. Certains optent même pour une réduction de leur consommation de viande, en intégrant davantage d’alternatives végétales dans leur alimentation.

Un signal d’alarme sur notre système alimentaire

Au-delà de l’anecdote, la découverte de cette mère met en lumière un problème bien plus vaste : notre modèle alimentaire industrialisé atteint ses limites. La recherche de productivité à tout prix entraîne des dérives qui affectent autant les animaux que la qualité de notre alimentation.

Plutôt que de céder à la panique ou aux idées reçues, cet événement est une invitation à repenser nos choix de consommation. Se renseigner sur l’origine des produits, privilégier la qualité à la quantité et soutenir des modes de production plus respectueux sont autant de gestes qui peuvent faire la différence.

Peut-être est-il temps de modifier nos habitudes alimentaires et d’œuvrer pour un futur plus responsable et durable. Après tout, ce que nous mettons dans nos assiettes influence directement notre santé et celle de notre planète.